vendredi 15 mai 2009

Cherry Blossom Girl

J'ai lu a plusieurs reprises que les deux époques les plus prisées des Japonais sont d'une part Hanami au printemps (la contemplation des cerisiers en fleurs) et le Momijigari, (la chasse aux érables rougeoyants). Je dois avouer que je suis extrement heureuse d'avoir pu les experimenter l'une comme l'autre. Le Momijigari brievement lors de mon arrivee en novembre dernier. Mais surtout les sakura qui a debuté avec avant-gout fin fevrier (floraison des pruniers) puis les cerisiers ont pris la releve en mars.

Cela n'avait rien a voir avec ce que j'imaginais. Mon impatience etait si grande que je suis allee reperer les bourgeons dans les semaines qui precedaient les dates officielles de floraison, telle une japonaise aguerrie ! En effet, des historiques annuels indiquant le jour du debut de la floraison des cerisiers, par region/ville principale sont maintenus. Mais il y a egalement, telle la prevision meteo, la prevision de date de debut de floraison, remise à jour on ne peut plus régulièrement!

Le decalage entre les regions est flagrant. Okinawa (les iles sub tropicales japonaises) peuvent voir fleurir leurs cerisiers dès courant janvier, tandis qu'il faut attendre mai pour qu'Hokkaido connaisse ce bonheur. Ce qui est sûr, c'est qu'apres avoir vecu en Europe, il est presque choquant d'habiter un pays qui connait des saisons aussi marquees. Enfin, des saisons quoi. J'ai vraiment connu l'automne, l'hiver, le printemps...et l'été commence a pointer son nez, meme si nous ne vivons pas encore les extremes chaleurs moites et les pluies estivales bien redoutees. Mais ceci est une autre histoire.
Revenons-en a nos fleurs. je m'attendais donc a prendre de belles photos de fleurs, aux abords de temples bouddhistes entoures de jolis parcs. c'est effectivement ce que j'ai fait. Mais j'ai decouvert d'abord qu'il y avait differentes couleurs de fleurs (donc pas uniquement blanches comme je le pensais. disons plutot que je ne m'etais pas franchement pose la question...) ainsi que, tout simplement, differentes varietes de fleurs. (pour plus de details http://www.japan-guide.com/e/e2011_species.html)

Dès les premieres fleurs, les appareils photos sont de sortie, du plus modeste appareil photo de telephone portable jusqu'aux teleobjectifs que les papparazzi n'ont rien a leur envier. S'ensuit alors une espece d'euphorie, qui se concretise par d'immenses pic-nics sous les cerisiers. Les groupes sont organises: places reservees, baches bleues de sol pour s'installer, la biere coule a flot.... on joue de la musique. On s'y installe des le matin, les parcs et jardins sont pris d'assaut. Si les abords des rues jouissent de l'ombrage d'un cerisier, ils ne seront pas epargnés... Et cela, de jour comme de nuit !
Mon energie n'a pas connu de faille: je suis successivement allée aux parcs de Ueno et de Yoyogi, a Shinjuku Gyoen, autour du cimetierre d'Aoyama et sa fameuse allee ombragee (en remontant la rue, il me semblait etre dans un tunel de petal blanc/rose), ou bien encore Inokashira Park dans la banlieue de Tokyo (Kichijoji)
Il est difficile d'avoir une preference entre tous ces parcs. Mon appetit n'etait jamais rassasie. Chacun presentant un caractere qui lui etait propre. Inokashira Park par exemple est un des lieux favoris des japonais, sans aucun doute grâce a son immence lac borde de cerisiers de part en part, et des petits pedalos que l'ont peut louer. La foule bien compacte dans le JR menant a Kichijoji fut mon premier indice, surtout lorsque le train complet se vida a la station. Il aurait ete surperflu de chercher la sortie menant directement au parc. A vrai dire, la meilleure chose a faire etait de fermer les yeux et se laisser porter par la foule jusqu'a l'entree du parc ! Hanami n'est pas la meilleure periode pour se retrouver en solitaire dans les parcs... Ceci etant dit, ma premiere impression fut la deception: pas de pelouse, juste de la terre sur laquelle les gens posent leur baches et dejeunent a l'ombre des cerisiers. Les pedalos en forme de cygnes sont tellement kitsches que ca fait pleurer, la foule est telle que ce n'est pas si agreable. Bref, les photos qui vantent l'endroit sont plus agreables que le lieu lui-meme. Je me sentais flouee. Meme la vision des cerisiers se deversant sur le lac ne rattrappait pas cette impression d'ensemble.
Alors que je me decidais a rebrousser chemin, j'aperçu depuis le petit pont un temple rouge tout au fonds. Cela vaut la peine d'aller y jeter un oeil, par acquis de conscince. Quelle idee judicieuse. Ce petit temple au bord de l'eau est charmant...et offre une agreable vue.... Je reviens sur mon jugement d'ensemble


Le parc de Shinjuku a cependant connu mes faveurs. En témoignent les innombrables photos... Je ne sais si c'etait du a sa belle pelouse bien entretenue, a l'ambience bonne enfant palpable, a la beaute de son jardin japonais, avec son lac sur lequel se refletaient les cerisiers, ou encore a la grande variete de fleurs qui s'y trouvaient, en particulier une variete d'arbre appelee Shidarezakura, une sorte de saule pleureur (peut-on traduire par cerisier pleureur? ). Toujours est-il que c'est avec regret que je le quittais ce jour-là.




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